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La strategie de l'OPEP apres le 11 septembre La stratégie de l’OPEP après le 11-septembre

Récession et terrorisme, le prix du baril de pétrole chute depuis le 11-septembre. Le marché pétrolier se stabilisera-t-il ? L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) éprouve des difficultés à maintenir l’unité, entre ses membres et les non-membres, comme la Russie.

Terreur contre l’Amérique, guerre antitalibans en Afghanistan et récession économique, le cartel pétrolier préserve sa rente.

Philippe Rombaut à Bruxelles

A combien le pétrole ? Depuis les attentats du 11-septembre, le prix du baril de pétrole chute. A cause du ralentissement de la conjoncture économique en Amérique et en Europe, ainsi que l’offensive antitalibans en Afghanistan. Devant cette récession brutale, les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) tentent de maintenir le niveau de leur rente pétrolière. Le cartel pétrolier réussira-t-il à stabiliser les marchés ? En fait, l’OPEP doit à la fois discipliner ses pays membres et les pays non-membres (comme la Russie) pour éviter des chocs boursiers et trouver le juste prix du baril. Le récit de l’évolution du secteur pétrolier.
 
Le 12 septembre 2001, après les attentats contre l’Amérique, c’est la panique, à la City de Londres, sur le marché du pétrole : en une heure, le prix du brent (le pétrole européen) monte de quatre dollars US. Le prix du baril de pétrole passe de 27,26 dollars à 29,30 dollars. Pourquoi cette hausse brutale ? C’est que les marchés s’inquiètent de l’approvisionnement en pétrole. Car ils prévoient la réplique militaire américaine, la tension entre Washington et les pays pétroliers arabes et la menace qui plane sur les approvionnements mondiaux en pétrole. Cette crainte est-elle justifiée ? « Le problème de l’approvionnement n’est pas encore d’actualité, mais il pourrait le devenir », selon Léo Drollas, l’économiste en chef du Centre for Global Energy Studies (CGES). Les prix pétroliers devraient redescendre, sauf si les Etats-Unis s’attaquent à l’Irak ». L’affaire du 11-septembre fera désormais pression sur la demande. L’économie mondiale ralentit déjà et les Américains, redoutant le terrorisme, voyagent moins en avion. Une crise sans précédant frappe de plein fouet le secteur aérien tout entier : les compagnies aériennes, les aéroports et les voyagistes du tourisme.

Comment réagissent les pétroliers ? « L’OPEP et tous les pays membres sont profondémment engagés dans la stabilisation du marché », déclare alors le vénézuélien Ali Rodriguez, le secrétaire général de l’OPEP. Le 13 septembre 2001, le lendemain de l’attentat, l’hypothèse d’un choc pétrolier est provisoirement écartée. Car l’OPEP assure la continuité des flux pétroliers. Et les marchés s’apaisent : le 12 septembre 2001, les prix du brut à la City se replient. Cependant la peur reste : d’une part, les pessimistes s’inquiètent de l’approvisonnement pétrolier à long terme. Et d’autre part, les optimistes considèrent la hausse du baril comme une réaction exagérée et qu’il faudrait une grave crise géopolitique pour maintenir cette hausse.

Le 17 septembre, les gros titres des journaux sur les attentats font monter le prix du baril à 29 dollars. Le lendemain, le marché redoute la contraction du secteur avec la baisse de la demande mondiale de pétrole (soit 400 000 barils par jour). Selon la CGES, cette demande mondiale risque de chuter. Pourquoi ? Parce que les perturbations, causées à l’économie américaine et à celles de ses partenaires, associées au repli probable de la confiance des ménages US, devraient retarder la reprise économique occidentale, tout en faisant basculer le monde dans la récession. Autre scénario : au 4e trimestre 2001 et au 1e trimestre 2002, la contraction de la demande pétrolière mondiale est évaluée à 300 000 barils par jour.

Le 25 septembre, la crainte de la récession mondiale entraîne l’effondrement des cours du pétrole. Causes : d’abord, le cours pétrolier chute de 15,25%. La chute de la demande de kérosène, à cause des détournements d’avions par de présumés terroristes islamistes à New York et Washington. Chekib Khelil, le président algérien de l’OPEP, déclare à Vienne : « L’objectif de l’OPEP pour le niveau du prix reste de 25 dollars le baril ». Enfin, le libyen Ahmed Abdoulkarim Ahmedi, le ministre du pétrole de Kadhafi, prévoit que l’OPEP réduira sa production, si les prix du brut restent inférieurs à 22 dollars le baril. Le 26 septembre, à Vienne, l’OPEP convoque sa 117e réunion dans un contexte mondial tendu : le cartel pétrolier doit trouver le moyen d’apaiser les marchés, de rassurer ses membres qui s’inquiétent de la chute des cours du brut. L’OPEP doit préserver ses revenus, tout en rappelant qu’il dispose du mécanisme « d’ajustement », crée en mars 2000. Celui-ci prévoit de couper les robinets de 500 000 barils par jour. Si le cour du panier OPEP, composé des sept bruts mondiaux, demeure sous la barre de 22 dollars le baril, durant 10 jours ouverts consécutifs.

Le 28 septembre, à Vienne, l’OPEP maintient ses quotas de production. Tout en prévenant qu’elle les baisserait si les prix se maintiennent durablement sous les 22 dollars, en déclenchant le mécanisme d’ajustement : soit l’OPEP réduit sa demande de production de 500 000 barils par jour, si les cours du panier OPEP sont inférieurs à 22 dollars le baril durant 10 jours ouverts consécutifs. Soit le cartel pétrolier augmente sa production pétrolière d’autant, si les prix sont supérieurs à 28 dollars durant 20 jours.

Le 3 octobre, l’OPEP cherche le soutien des pays (Russie) n’appartenant pas à son organisation. Un groupe de contacts, regroupant des pays membres et des pays non membres, est formé pour négocier avec les producteurs indépendants. Objectif : étudier les conditions d’une coopération. Quant aux Norvégiens, second exportateurs mondiaux de pétrole (3,2 millions de baril par jour), ils refusent de réduire leur production. Le 4 octobre, les stocks américains ajoutent à la dépression des cours du brut. Les marchés s’interrogent : si le cour, le prix panier OPEP reste en dessous du niveau (soit 20 dollars) pendant 10 séances de suite, l’OPEP pourrait activer son mécanisme de soutien des cours. Comment ? Le cartel pétrolier réduirait -automatiquement et sans se réunir- sa production de 500 000 barils par jour.

Le 5 octobre, l’OPEP tergiverse au sujet de sa réunion le 14 novembre 2001 à Vienne en Autriche. Rien ne se décide. Le prix du baril de pétrole remonte timidement, puis il rebaisse à cause des rumeurs de guerre en Afghanistan. A ce moment, l’hypothèse d’une baisse de la production (soit 500 000 barils par jour) par les membres de l’OPEP pourrait se poser. Si le mécanisme d’ajustement s’active quand le prix du baril reste sous le seuil de 22 dollars (soit 19,65 dollars). Toutefois, les Séoudiens, membres de l’OPEP, s’opposent à la baisse immédiate de leur production. Le 9 octobre, le brut reste atone face à la riposte américaine en Afghanistan. Vu les faibles ressources pétrolières afghanes, les marchés dorment la veille, le 8 octobre. Et l’OPEP se trouve dans une situation délicate : si le prix du panier OPEP est sous la barre des 22 dollars depuis 10 jours suivis, cela entraîne le mécanisme d’ajustement. Soit la réduction des quotas de production de l’OPEP. Et si le prix du pétrole ne remonte pas en raison des attaques, l’OPEP se sentira libre de soutenir les prix. Soit la 4e réduction de la production des pays de l’OPEP en un an.

Le 15 octobre, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) réévalue à la baisse sa prévision de croissance 2001-2002 de la demande pétrolière mondiale. Pourquoi ? « En fait, l’AIE se méfie de la récession, vu la chute du trafic aérien depuis les attentats du 11-septembre », estime l’AIE. l’évaluation de la croissance de la demande pétrolière mondiale est réduite à seulement 120 000 barils par jour en 2001 ». cependant, l’AIE signale aucune interruption des exportations de brut depuis l’offensive antitalibans en Afghanistan le 7 octobre 2001. Mais les tarifs d’assurance pour les tankers bondissent à la hausse, vu la prime de guerre quintuplée sur les routes maritimes. Entre-temps, l’OPEP hésite à baisser sa production. Ainsi Hugo Chavez, le président vénézuélien, rencontre le colonel Kadhafi (Libye) et le président Bouteflika (Algérie). « Une nouvelle baisse de la production du cartel pétrolier serait peu efficace, calculent des banquiers. Le problème ce sont les Russes et les Norvégiens qui pompent davantage de pétrole chaque mois. S’ils continuent et si l’OPEP baisse l’offre cela ne fera pas une grande différence ».

Le 17 octobre, l’OPEP est critiquée par les analystes financiers, réticents devant sa stratégie. C’est que l’OPEP joue sa crédibilité. Depuis le 11-septembre, tous les indicateurs réclament la baisse de la production pétrolière, permettant d’enrayer la baisse du prix du brut. Et l’OPEP semble douter de sa stratégie et de son mécanisme de baisse automatique de la production. «  Le marché n’arrive pas à croire que l’OPEP soit capable d’appliquer rééllement une nouvelle baisse », remarque un expert. Le doute du marché se fonde sur les chiffres de l’AIE. Les pays de l’OPEP ne respectent pas tous leurs quotas de production ». L’OPEP se défend : depuis sa dernière réunion, le 27 septembre, l’OPEP essaye d’impliquer les pays non-membres de l’OPEP dans politique. But : soutenir les prix du brut. Mais le cartel pétrolier ne parvient guère à mobiliser les pays non membres de l’OPEP, qui refusent de participer à ses réunions. Ainsi, la Russie dit augmenter sa production pétrolière en 2001 afin d’atteindre jusqu’à 345 millions de tonnes de pétrole.

Le 29 octobre, l’OPEP est décidée à réduire sa production pour soutenir les cours. Après de nombreuses tractations, l’OPEP semble tombée d’accord pour réduire sa production à environ 1 million de barils par jour. Il s’agit de soutenir les cours. La décision formelle doit être prise le 14 novembre à la réunion de l’OPEP à Vienne. Jusqu’à présent, l’OPEP s’était refusé à réduire sa production pour ne pas effrayer les marchés. Depuis, les prix ont reculé et les pétroliers craignent la glissade baissière. Pourquoi l’OPEP n’enclenche pas son mécanisme d’ajustement ? Parce que le cartel pétrolier se trouve pris entre deux feux : d’un côté, les pays de l’OPEP veulent éviter la chute des prix qui amputeraient leurs recettes. Car la détérioration des cours ont atteint des niveaux sans précédants depuis deux ans. Et d’un autre côté, l’OPEP ne veut pas être seule à se sacrifier. Depuis un an, les dix du cartel, liés par un système de quotas, ont déjà réduit ceux-ci de 3,5 millions de barils par jour. Si l’OPEP les abaissent encore de 1 million de barils, cela portera à 17% la diminution de leur production. Or les 10 pays pétroliers ont vu leur part de marché mondial ramenée de 34% à 32% (hors le gaz). Ainsi les pays de l’OPEP appellent les pays non membres à s’associer à la baisse de production. Comme lors du pacte de Ryad-Amsterdam-La Haye. A l’époque, le prix du baril était tombé si bas que la Russie, la Norvège et le Mexique avaient associé leurs efforts à ceux de l’OPEP au sein d’une union sacrée. Après des hésitations, le cartel pétrolier se serre la ceinture. Pendant que ses rivaux maintiennent ou augmentent chacun leur production. L’affaire du pétrole rebondit, à Vienne, le 14 novembre 2001. En attendant, la suite des événements.

Ph.R.
(le lundi 3 décembre 2001.)


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